Par une magnifique journée de fin novembre, nous arrivons, Nadia, Chloé et moi, chez Denis Dal. « Vous m’aviez dit 9h alors... ».
Hé oui, ayant une bonne heure de retard, Denis, accompagné d’un ami maçon, s’était déjà lancé dans la restauration d’un pan de mur de la grange en pierre située sur son terrain. Nous l’aidons à mettre en place l’échafaudage, « En fait ça tombe bien que vous arriviez maintenant ! », nous faisons un petit tour du jardin potager avant qu’il nous invite à boire un jus de pomme délicieux chauffé par les rayons du soleil.
« J’ai commencé sur une parcelle de trente mètres sur quarante avec un potager familial ! ». Une petite maison allongée avec un petit hectare adjacent, situé entre un manège de chevaux et un des plus gros producteurs de fraise de Wallonie. « Je ne suis pas un businessman, je ne veux pas vivre comme un patron et me demander ce que j’ai fait de ma vie à soixante-cinq ans ! ».
Effectivement, cet amoureux de la terre ayant étudié à l’atelier de peinture de l’ERG (Section Art Graphique de Saint Luc), s’est fait avoir par les charmes de la vie de paysan ! Originaire de Gerpinnes mais natif de Bruxelles où il a d’ailleurs passé les dix dernières années, il vit et cultive maintenant à Joncret sur un peu plus d’un hectare via une « couveuse d’entreprise » liée au statut d’indépendant.
« C’est très dur quand on s’installe comme agriculteur. Au début, on est obligé de se mettre comme indépendant et le salaire n’est vraiment pas très élevé... ». Mais ce n’est pas ce qui a découragé Denis !
Piqué il y a trois ans en essayant de cultiver des choux, il a connu par hasard les GASAP au détour d’une soirée bruxelloise, et l’aventure a débutée comme cela.
« Ce sont les GASAP qui m’ont fait devenir agriculteur ! A la base ce n’est pas mon métier, je ne suis pas fils de paysan. ». Denis livre actuellement à peu près 7 GASAP sur Bruxelles, de juillet à novembre. Le travail commence en février-mars avec les semis, les récoltes peuvent commencer en juin, et c’est une bonne centaine de paniers que Denis livre tous les jeudi sur trois communes bruxelloises.
« Au début je ne faisais que cinq ou six paniers pour les potes, et puis j’ai commencer à comprendre un tout petit peu la nature. Par exemple je ne travaille quasiment pas mon sol. Je préfère mettre en place un équilibre et puis ne plus y toucher. Mais c’est le début, j’ai encore beaucoup à apprendre ! ».
Rempli de modestie et d’humilité, Denis travaille comme il le sent, soucieux de fournir des paniers bien remplis et de qualité aux GASAP avec lesquels il travaille.
« J’aime beaucoup les GASAP, et je préfère savoir à qui je vends mes légumes. Avec les groupes on rencontre des gens, des humains. C’est parfois un peu compliqué de circuler dans Bruxelles pour faire mes livraisons mais les gens sont fidèles, ça fait plaisir ! ».
Une belle aventure qui commence pour ce jeune artiste-peintre reconverti en paysan pendant les belles saisons. Ses toiles, aujourd’hui, sont autant faites de peinture à l’huile, que de terre et d’amour. Une belle leçon de vie.
Ferme du Trieu
Denis et Nathalie
22, rue du Trieu Gilson
6280 Joncret (Gerpinnes)
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